lundi 7 septembre 2020

Fin aigre-douce

La douceur de ton sourire, particulièrement lorsqu’il était dirigé vers ceux que tu aimais. La douceur de ta voix, toujours accueillante. La douceur de ton rire, chaque fois que tu ricanais. 

La douceur d’une fin, à la fois douce et amère. 

Cette fin longue, épuisante. Cette fin attendue, mais redoutée. Cette fin méritée, mais aussi terrible.

Cette fin dont je n’ai pas eu le courage d’être témoin.

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J’ai toujours eu conscience de la grandeur de ton âme, de la bonté inhérente à ton existence. J’ai toujours su que tu étais l’un des « good ones, » comme on dit en bon français. Tu as vécu une vie remplie, pleine de voyages, d’accomplissements, de bonheur et d’amour.

Tu nous as toujours impressionnés, mes cousins et moi, en nous montrant le droit chemin, en sachant être à la fois gentil, plein de succès et juste. Néanmoins, plus les années ont passé, plus nous avons vu ta lumière se ternir derrière le voile de la maladie.

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Ce grand-père si fort, qui m’inspirait tant de respect, a d’abord commencé à trembler, à éprouver des difficultés à comprendre nos paroles ou encore à s’exprimer. Ces détails étaient initialement assez minimes pour qu’on les écarte, préférant l’image de l’homme fort à laquelle nous étions habitués. Toutefois, le déni ne pouvait pas continuer éternellement, car la maladie gagnait sa joute de jour en jour.

Nous sommes restés près de toi lorsque la maladie a commencé à prendre emprise sur ton corps, semblant ainsi coincer ton esprit dans un réceptacle. Nous avons persisté, tentant d’entretenir la conversation, d’apercevoir un éclat de compréhension dans tes yeux ou d’entendre une parole prouvant que tu étais toujours là, toujours combattant.

J’ai le souvenir d’un tel moment, au début de l’été 2017. Alors que je m’apprêtais à partir en direction de l’Île-du-Prince-Édouard, où je ne connaissais personne, je redoutais la solitude et l’inconnu qui m’attendaient. Pleine d’excitation et d’anxiété, j’avais déjà versé quelques larmes lors des adieux à ma famille, toujours fidèle à mon cœur sensible. Tu n’avais pas prononcé un mot de notre visite, ce qui nous attristait tous sans que personne n’ose le mentionner. Alors que la maison s’est vidée et que nous nous sommes retrouvés pour nos adieux, tu m’as regardée, les yeux clairs et un sourire contagieux au visage. Dans cet instant de lucidité à laquelle je n’osais croire, tu m’as adressé les mots suivants : « bon voyage ». 

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Grand-papa, sache que si je n’ai pas osé te rendre une dernière visite en apprenant ton état, c’est parce que je voulais garder en tête une image fidèle à ton existence plutôt qu’à tes dernières années de vie, où la maladie a caché peu à peu l’homme incroyable que tu étais. Cela peu sembler égoïste, mais je crois que tu comprendrais. En regardant les photos disposées partout dans ta chambre lors de ma dernière visite, j’ai compris qu’elles te représentaient beaucoup plus fidèlement que ton corps, qui t’abandonnait progressivement devant nos yeux.

Je te quitte donc avec tes propres mots maintenant que cette fin délivrante est arrivée : « bon voyage ». 

Je t’aime. 

xxx 

mardi 3 septembre 2019

What a Time

C'est la fin du mois d'avril et je viens officiellement de terminer ma deuxième année de bac. Mon estime personnelle chancelle sous le poids des notes imparfaites que je viens de recevoir, moi qui étais si habituée de viser la perfection. Je tente de me convaincre, litanie après litanie, que ces nombres ne reflètent pas qui je suis, même si mon état précaire semble indiquer que je n'en serai pas convaincue de sitôt. 

Devant moi se profile un été animé par une playlist d'Elton John, des Beatles et des Cowboys fringants, mais il reste encore flou pour moi. Je rêve aux roadtrips à venir, j'attends avec impatience la liberté des longs jours d'été et je me croise les doigts en espérant réparer, du moins un tout petit peu, ma confiance fortement ébranlée.  
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C'est le mois de mai et je franchis les frontières américaines en voiture pour la première fois, explorant avec avidité les terres de nos voisins. Le chemin vers Boston, paisible et magnifique, m'apporte la paix qui m'avait abandonnée lors des derniers mois.

 J'assouvis ma curiosité, ne serait-ce que l'instant d'un moment, dans les nombreux musées de Boston, où je me situe par rapport à l'art que j'ai longtemps admiré et étudié de loin. Mes connaissances toujours croissantes construisent pièce par pièce ma nouvelle confiance, qui prend lentement mais sûrement plus d'assurance sur le plan intellectuel et artistique.

 Je renais sous le soleil du Massachusetts, discernant pour la première fois les traits de l'été à venir. 
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C'est le mois de juin et j'organise un voyage de dernière minute avec mes amies d'enfance, une première pour nous trois. Nous parcourons le Québec dans ma voiture, chantant les classiques de notre adolescence à tue-tête, fortifiant du même coup les fondations de notre amitié.

Entourée des deux personnes qui me connaissent le mieux, je m'affirme, je m'enracine. J'en profite pour leur montrer les beautés de la région que je connais de mieux en mieux chaque année, me délectant de chaque seconde passée au bord du fleuve. 

Guidée par les forces de la nature et de l'amitié, je prends confiance en moi-même, en ma personnalité.
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C'est le premier juillet, mois des vacances. J'attends avec impatience la fin du mois afin de pouvoir voyager et relaxer pour plusieurs jours bien mérités, sans toutefois m'attendre au déroulement du mois à suivre. 

Lors de cette première journée du mois, je rencontre pour la première fois la personne autour de qui mes pensées tourneront durant la totalité de juillet. Dans un contexte décontracté (mais l'était-il vraiment?), j'apprends à me détendre et à reprendre les parcelles de confiance qui me manquaient encore à ce moment, et ce, en compagnie d'un étranger, une première pour moi. 

Au fil des jours, il envahit ma boîte de messagerie, mes pensées, puis mes journées entières, gagnant de plus en plus d'espace mental et physique dans ma vie. Plus confiante que je ne l'ai été depuis plusieurs mois, j'accueille ce changement avec une certaine paix, profitant de chaque instant. 

C'est le mois des premières fois, sur plusieurs aspects. Ma confiance nouvellement gagnée me permet d'accorder plus de confiance aux autres et d'être ouverte et vulnérable, appréciant même cet aspect légèrement terrifiant de ma nouvelle relation. 

Pour la toute première fois, ma personnalité introvertie demande à être constamment en contact avec autrui, alors je multiplie les sorties et les conversations, solidifiant les nouvelles et les anciennes amitiés. 

Entourée de tous les côtés par des gens qui tiennent à moi, je m'épanouis et je profite de ces moments ensoleillés, semblant pressentir la fin de cette brève ère.
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C'est la fin du mois de juillet et c'est aussi la fin de cette relation à peine entamée. Le 31 juillet, pressée par la fin du mois, cette relation qui n'en était pas une se dissout aussi rapidement qu'elle s'est créée. 

Prévenue par un seul signe avant-coureur, je reçois la nouvelle avec choc, arrivant à peine à y croire. Ma confiance, qui avait atteint des hauteurs vertigineuses au cours du mois précédant, se retrouve écrasée, en miettes. À la manière des résultats scolaires qui ne reflétaient pas ma propre personnalité, j'ai l'impression d'être responsable de cet échec, de cette déception. C'est le cœur brisé que je reviens de mes vacances idylliques, partiellement par cette fin inattendue et partiellement par l'anéantissement de ma confiance si difficilement regagnée. 

Je suis accueillie à la maison par un entourage chaleureux, outré en mon nom et, par-dessus tout, plein d'amour. Ayant perdu pied après être retombée si durement de mon nuage, je suis guidée par ma famille et mes amis, qui se dévouent l'un après l'autre pour m'écrire, me distraire et m'écouter. À la manière du mois de juillet, le mois d'août est lui aussi rempli de sorties, mais dont le but est la distraction  plutôt que le divertissement. Je constate pour la première fois le support de mon entourage et les larmes de déception et de douleur se transforment peu à peu en larmes de bonheur lorsque mes amis m'émeuvent par leurs mots, par leurs gestes et par leur simple présence. 

J'oublie progressivement, transformant les souvenirs douloureux en de simples reliques du passé. Ma confiance, cependant, n'oublie pas encore, mais je suis patiente.
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C'est le début du mois de septembre, synonyme de la rentrée scolaire. J'appréhende le retour de l'aspect académique dans ma vie, pleinement consciente de l'impact potentiel qu'il peut avoir sur ma confiance réduite à zéro depuis quelque temps. Malgré tout, ma curiosité est piquée par le programme de la session d'automne et j'enchaîne les lectures l'une après l'autre.

Je commence ma troisième année de bac en me lançant tête première dans mes études et dans mes passions, nécessitant encore ces nombreuses distractions. Cependant, mes buts sont personnels plutôt qu'académiques, cette fois. Je veux être fière, je veux être heureuse. Je veux assouvir ma curiosité et je veux profiter de la vie, de la nature et de mon entourage. Je veux vivre sans tout questionner, pour une fois.

La confiance viendra, j'en suis certaine.

mercredi 25 mars 2015

La mort

Il est 6:02, je dors paisiblement, mon corps se préparant peu à peu à être tiré de son sommeil réparateur par la sonnerie de mon réveil. Cependant, ce n'est pas cette dernière qui retentit d'abord, mais bien celle du téléphone, me sortant presque aussi effectivement de ma torpeur. J'entends la voix de ma mère, puis je l'entends nous mentionner, ma sœur et moi. Elle veut attendre que nous nous réveillions. C'est le coup de grâce, ma somnolence n'est plus. La terreur s'empare de moi, glaciale dans mes membres encore délicieusement chauds il y a une minute. Ma sœur semblant aussi réveillée que moi, ma mère lui passe le combiné, attendant près d'elle. C'est mon père, et ma première pensée est dirigée vers lui: lui est-il arrivé quelque chose? Je tente de me convaincre de l'impossibilité de cette option, car il ne serait pas celui au téléphone, et ma mère pleurerait probablement. Je n'en peux plus. À peine quelques secondes ont passé et j'ai l'impression d'avoir attendu le temps d'une vie. Enfin, c'est mon tour. Vaguement, en prenant l'appareil, j'entends les quelques mots fatals : mon grand-père a eu une crise cardiaque cette nuit, il est mort. À travers le brouillard qu'est devenu ma tête, je suis capable d'énoncer, en hoquetant, des mots distincts à mon père, mes premiers prononcés en ce jour mal débuté : je l'aime aussi.

Les humains peuvent passer d'une émotion à une autre si rapidement que c'en est déroutant, pour ceux qui les entourent, mais aussi pour eux-même. Comment quelques mots rapidement prononcés peuvent-ils changer un état d'esprit, une façon de voir la vie et une opinion entière?

Ma première pensée, futile mais destructrice, se porte vers la date d'aujourd'hui: c'est le 25 mars, son anniversaire. Quelle injustice! Mon grand-père, un homme qui savait profiter de la vie au maximum, aurait probablement passé la journée avec sa femme, que j'adore aussi plus que tout au monde. Ils auraient sûrement cuisiné plusieurs mets délicieux, comme eux seuls savaient le faire, et auraient partagé un repas, en couple ou entourés d'amis et de membres de la famille. C'est une date que plusieurs garderont dans leur cœur, car elle marque le début et la fin de la vie d'un homme incroyable.

Quelques instants plus tard, je commence à penser à tous ceux qui entouraient mon grand-père et que sa mort affectera davantage:  mon père et son frère, maintenant orphelins, sa femme, ses collègues, ses amis. Il n'était pas prêt à mourir, pas avant longtemps. Nous devions fêter son anniversaire un peu plus d'une semaine plus tard avec lui, nous devions passer des vacances avec lui, nous devions fêter Noël avec lui. Je comprends enfin l'injustice de la vie, moi qui en avait heureusement été épargnée pendant un peu plus de dix-sept ans. Je comprends à quel point la vie est courte, à quel point rien n'est certain, à quel point il faut profiter de l'instant présent. Dans mon fort intérieur, mes convictions, autrefois inébranlables et paisibles, sont maintenant chancelantes sous le poids de la mort, sous la lourdeur d'un deuil.

Une quinzaine de jours avant sa mort, mon grand-père nous avait rendu visite, le temps d'un souper, avec sa femme et son autre fils. Au cours de la soirée, il a eu la chance de lire quelques critiques littéraires que j'avais écrites. Grand fan de littérature, mon grand-père a toujours été mon exemple, mon idole. Tout ce qu'il a réalisé, je voulais le réaliser. J'appréhendais donc son opinion, sachant qu'il écrivait lui-même et lisait des textes beaucoup plus travaillés, plus recherchés et mieux écrits. Malgré tout, c'est avec fierté qu'il a déclaré que mes critiques étaient excellentes, qu'il aimerait en avoir un exemplaire. Selon lui, elles étaient comparables à celles qu'il lisait dans ses journaux littéraires favoris, précisant qu'il ne lisait que les meilleurs d'entre eux.

Il m'a dit que mon style d'écriture était très joli, que j'avais un talent pour les mots et qu'il croyait fermement qu'avec simplement un peu de travail, elles pourraient être publiées dans de véritables journaux. J'ignore à quel point ses propos étaient honnêtes, mais je sais d'expérience que mon grand-père était un homme difficile, borné et qui avait tendance à détester plutôt qu'à apprécier, alors ses paroles ont été un véritable baume pour le cœur. C'est pour lui que j'écris maintenant, pour peaufiner mon écriture et pour devenir une écrivaine digne de lui. Il croyait en moi, peut-être plus que tous les autres, incluant moi-même, et c'est avec cette pensée en tête que je traverserai les jours, les semaines et les années à venir. Ses mots, ses derniers pour moi, bien que je l'ignorais à ce moment, ont été les plus beaux que j'aurais pu entendre, comme s'il savait exactement ce que j'avais besoin de comprendre. Remplie de regrets et de tristesse, je prends un peu de temps pour le remercier de ce qu'il m'a dit, même si je sais que je ne pourrai jamais le faire assez.

Je t'aime, Papy, et sache que tes derniers mots pour moi me suivront toute ma vie.

dimanche 15 mars 2015

Un homme amoureux - Texte absurde

Voici un texte que j'ai écrit suite à mon visionnement d'une pièce de théâtre absurde, La cantatrice chauve, suivie de la leçon. J'ai absolument adoré ces deux pièces et je trouve que l'absurde est hilarant, c'est pourquoi j'ai grandement apprécié la rédaction de ce monologue. 

"Je dois t'avouer quelque chose, ma douce tulipe. C'est quelque chose que tu sais depuis longtemps, alors il est évident que tu seras immensément surprise. Je dois t'avouer que je suis très amoureux de toi, moi qui n'aimerai jamais personne. Je dois t'avouer que je te trouve absolument parfaite, surtout avec tes oreilles immenses qui me dégoûtent chaque fois que mon regard se posent sur elles. Ta délicatesse, ta beauté et ta robustesse ont emporté mon coeur comme un chameau emporte le soleil. Je dois t'avouer que ton regard ténébreux éclaire mes pensées chaque fois que tu fermes les yeux et que j'observe tes iris envoûtants. Chaque seconde qui passe, la haine que j'éprouve envers toi s'intensifie, car je te trouve absolument ravissante. Te souviens-tu de notre rencontre mémorable, dans un parc de Paris, il y a de cela près de six mois? Je dois t'avouer que je considère cette journée comme l'une des pires de mon existence, bien que, une dizaine d'années plus tard, je ne m'en rappelle plus une seconde. Tu m'as salué, je t'ai saluée, tu m'as encore salué, je t'ai encore saluée et ainsi de suite pour une durée d'exactement vingt-trois minutes et treize secondes. Comme cette conversation fut exceptionnelle, enrichissante et surprenante! Je dois t'avouer que ta personnalité m'a immédiatement charmé, car je n'avais jamais auparavant rencontré quelqu'un d'aussi égoïste et hautain, même si ta générosité et ta gentillesse compensent largement pour ces belles qualités. Je veux vieillir, voyager dans tous les pays, voir la France pour la première fois, avoir des enfants et naître avec toi, c'est pourquoi je ne souhaite rien de plus que de ne jamais revoir ton visage en me réveillant. Comme l'éléphant aime la souris, comme j'aime ta soeur et comme la mouche aime la grenouille, je t'aimerai jusqu'au début des temps. Je dois t'avouer que j'ai aimé plusieurs femmes avant toi, comme j'en aimerai plusieurs autres après toi, mais ceci importe peu, car tu es la seule femme que j'aimerai. Demain, nous avons traversé le pont entre nos maisons main dans la main, alors qu'hier, nous irons sous l'arbre dans lequel j'ai construit notre cabane en bois. Tu verras, mon bel amour, jamais un couple n'aura été plus heureux que nous le serons. Nous bâtirons une belle cabane dans un arbre, nous construirons un pont entre nos maisons et nous irons dans un magnifique parc de Paris. Je dois t'avouer que je redoute plus que tout ce futur à tes côtés, car ton bonheur fera toujours mon malheur et je t'aimerai tous les jours plus fort que le précédent pour tenir ma promesse de ne jamais t'aimer plus qu'il ne le faut. Je termine ma déclaration en te priant de ne point te faire de fausses idées, ma chère compagne, car je ne voudrais pas courir le risque que tu t'entiches de moi comme une chaussette le ferait d'un lave-vaisselle." 

vendredi 30 janvier 2015

Crise de pleurs des petites heures matinales

Cette tristesse, ce sentiment horrible, encombrant, pénétrant et omniprésent, finira-t-elle un jour par s'amenuiser, non pas en allant jusqu'à s'éteindre, mais juste assez pour me permettre de vivre normalement? Cette détresse qui me guette à chaque instant de silence ronge mes nerfs et mon énergie et je peine à l'ignorer. Toujours concentrer ses émotions ailleurs, toujours éviter de penser à ce sujet. Toujours paraître calme, détendue et parfaitement remise si quelqu'un m'en parle, même si la douleur se lit dans mes yeux comme dans un livre ouvert. Oublier tous ces regrets, tous ces espoirs jadis chéris et aujourd'hui ridiculisés face à la dure réalité. Ne pas en parler, parce qu'après tout, n'est-ce pas si idiot, si futile? Ne suis-je pas censée avoir depuis longtemps passé cette étape justifiable, pour autant qu'elle soit éphémère et bien gérée? N'ais-je donc pas davantage de raisons de pleurer raisonnables et ne révélant pas au grand jour ma personnalité fragile, sensible et désespérément en quête d'un oreille attentive et sans l'ombre d'un jugement? 

N'allez pas croire que j'en déprime, non. Simplement, la noirceur étouffante des nuits passées en solitaire atteint si rapidement mes pensées, effaçant toute joie ou insécurité et éclairant ironiquement de son faisceau invisible le deuil incomplété qui hante les recoins de mon esprit comme un fantôme désespéré, que je ne suis momentanément rien de plus qu'un fragile corps en larmes.

vendredi 12 décembre 2014

Nostalgie nocturne

Je suis une personne naturellement heureuse, positive et enjouée. Je suis loin d'être dépressive et mes sourires, qui s'emparent fréquemment de mon visage, sont habituellement sincères et ne cachent aucune tristesse. Je me considère comme très fortunée de voir la vie d'une façon aussi positive, car je connais bien des proches qui n'ont pas cette chance. Seulement, comme toute personne sur cette planète, j'ai moi aussi des problèmes et je ne peux pas vivre sans avoir à leur faire face. Je suis pleinement consciente que pour bien des gens, cette source de tristesse ne vaut rien comparée à la leur, mais je crois que chacun expérimente ses émotions de façon différente. On ne peut pas comparer les problèmes d'une personne à ceux d'une autre.

 J'écris simplement ce message pour libérer mes pensées et peut-être alléger ma peine, qui semble revenir par vagues plus fréquentes ces temps-ci. Durant le jour, il est facile d'oublier ce sujet, car mes études, mes activités et mes proches m'occupent souvent plus qu'il ne le faudrait. Cependant, quand je suis seule, dans ma chambre, en fin de soirée, et que je n'ai rien d'autre à faire que de réfléchir à ce sujet tant redouté, les larmes dévalent mon visage avec une telle insistance que je ne peux que succomber à ma peine. J'ai tendance à repousser mes problèmes au fond de ma mémoire, à les éviter aussi longtemps que possible. Je préfère les ignorer jusqu'à être forcée de les confronter, même si je sais que parler et réfléchir à ces tracas me serait bénéfique. C'est naturel pour moi, et je n'arrive toujours pas à me départir de cette vilaine habitude.

Le sujet dont je veux parler aujourd'hui peut sembler stupide, naïf et peu sérieux pour bien des gens. Je sais d'avance que les personnes avec un animal de compagnie pourront me comprendre davantage, même s'ils n'y arrivent pas complètement. Voici donc mon histoire.

Il y a de cela presque sept ans, le 7 février 2008, ma famille a fait l'acquisition d'une jument Quarter-Horse gris truité, que nous avons appelé Luna. J'ai écrit un texte à son sujet, car elle est une source d'inspiration incroyable pour moi. En effet, à peine quelques jours après son arrivée chez moi, il était clair que cette jument serait la mienne. Je l'adorais, sans même la connaître complètement. Je lui accordai bien vite toute ma confiance, chose que je n'ai jamais regrettée. Avec elle, j'ai tout fait. J'ai essayé mille et une activités équestres, j'ai repoussé les limites du possible et je me suis amusée plus que jamais. Oui, Luna n'était rien de plus qu'un cheval, mais elle était aussi à la fois des millions de fois plus importante que cela à mes yeux. Elle était le cou où je me réfugiais en cas de doute, de colère ou de tristesse, les yeux dans lesquels je regardais sans me lasser, comme dans un miroir illuminant ma vie, l'apaisement constant qui me permettait de relâcher mes nerfs et de profiter de chaque instant.Pendant plus de six ans, jamais je n'ai aimé un autre être comme j'ai aimé Luna. Chaque fois que je l'apercevais, mon cœur battait d'amour et de fierté.

La seule chose que l'amour ne pourra jamais vaincre, c'est la maladie. Luna a commencé à boiter, sans raison apparente, et nous avons tardé à découvrir la cause de cette boiterie. Quand nous avons enfin réalisé quel était son problème, il devint clair pour nous qu'elle ne pourrait plus faire tout ce qu'elle faisait avant, même si son état ne devait pas empirer. J'ai continué de prendre soin d'elle et de la monter calmement, lui donnant toujours tout mon amour. De plus en plus, ma mère a commencé à faire allusion à la vente probable de ma jument, qui nous coûtait beaucoup trop cher et qui commençait à nous ruiner. Elle insistait aussi sur le fait que Loulou serait bien mieux ailleurs que chez nous, ce qui me rendait coupable de vouloir la garder. Fidèle à moi-même, je fondais en larme dès qu'un seul mot était prononcé sur le sujet et sitôt la conversation finie, je m'empressais d'enfouir son souvenir dans les recoins de ma mémoire, pour éviter de réaliser à quel point ma séparation de Luna était réelle et imminente.

Après de longs mois d'ignorance du sujet, ma mère m'a finalement forcée à faire face à la réalité et à poster une annonce sur Internet. Les larmes aux yeux, sanglotant, j'ai rédigé un texte expliquant les raisons de la vente de l'animal le plus cher à mes yeux. Des réponses, j'en ai eues énormément. J'ai classé, trié et sélectionné les réponses les plus intéressantes pour mon trésor et j'ai répondu à quelques une d'entre elles. Après avoir éliminé systématiquement tous les candidats, je suis revenue à la case départ, à la fois soulagée et terrifiée, car je savais qu'un jour ou l'autre, il serait temps de me départir de ma jument. Je croyais pouvoir encore garder mon bébé pour de longues semaines, en attendant la famille parfaite pour elle.

Malheureusement, ou heureusement, tout dépendant du point de vue, peu de temps après, j'ai reçu un appel. Une dame recherchait une monture pour son mari, qui voulait l'accompagner dans ses randonnées équestres. Ils étaient très intéressés par ma Loulou, la trouvant très jolie et croyant qu'elle serait parfaite pour eux. Ils sont venus nous visiter la fin de semaine suivante, me laissant désemparée. Ils l'adoraient. Ils croyaient avoir déjà une "connexion" avec elle, ce qui me faisait sentir déjà exclue de la vie de ma jument, car effectivement, c'était toujours la mienne. J'étais celle qui avait passé tant d'heures avec elle, celle qui l'aimait plus que tout au monde. Pas eux. Pressés, ils voulaient l'amener chez eux le lendemain. J'ai paniqué. C'était trop vite, trop tôt, trop dur. Je les ai convaincu d'attendre un petit peu, le temps que j'en parle avec mes parents. En attendant, ils voulaient revenir la voir souvent, parce qu'ils l'aimaient déjà trop. J'en étais malade. Il m'était impossible d'être présente lors de leurs visites, car je détestais les voir interagir avec ma jument, mon amour. Par chance, ma meilleure amie me comprenait, alors c'est elle qui les a aidé pendant que je me cachais dans ma maison, pensant à tout sauf mon cheval adoré. Jamais je ne pourrai la remercier assez, car c'est grâce à ma si bonne amie que j'ai réussi à passer à travers cette épreuve immensément éprouvante.

Le vendredi suivant, un camion de transport est venu chercher Luna. J'ai signé les papiers, j'ai préparé ma jument et j'ai sangloté comme je ne l'avais jamais fait auparavant. Pour une raison trop longue et encore difficile à raconter aujourd'hui, le plan initial n'a pas marché, alors la future famille de Loulou a dû attendre plus longtemps que prévu. J'ai profité de ces jours supplémentaires avec elle, sachant que c'était la fin. Le samedi suivant, je me suis rendue avec elle à sa nouvelle écurie, pour voir du coup même son nouvel environnement. Mes adieux furent brefs, car je travaillais plus tard dans la journée, et je regrette encore aujourd'hui de ne pas avoir pu passer quelques heures de plus avec elle, car elle me manque terriblement. J'ai promis de revenir la voir bientôt, et la nouvelle propriétaire m'a proposé de venir la monter de temps en temps, si j'en avais envie, ce que j'ai évidemment accepté.

Dans les semaines suivant la vente de ma jument, j'ai été extrêmement occupée, ce qui m'a permis de ne pas trop penser à la tristesse et au vide que j'éprouvais. Par contre, je n'ai pas pu aller la voir, car je manquais de temps et je souhaitais attendre que ma tristesse soit moins présente. Quand je me suis enfin sentie prête, j'ai envoyé un message à sa propriétaire, lui demandant quel serait le meilleur moment pour une visite. Ses réponses étaient brèves, tardives et évasives, alors j'ai attendu un peu plus longtemps. Je n'ai pas eu de ses nouvelles jusqu'à un jeudi de novembre, à mon arrivée à l'école.

Ses messages, car il y en avait plus qu'un, me détaillaient ce qui me semblait comme un cauchemar: endettée et sans travail, elle était dans l'impossibilité de garder Luna, moins de trois mois après son acquisition. Je croyais que pleurer dans les toilettes était un stéréotype féminin que j'éviterais toute ma vie, mais c'est ce que j'ai fait cette journée-là. Moi qui croyait que mon cheval serait heureux, en sécurité et aimé pour le reste de sa vie, je voyais maintenant que rien de tout cela ne serait possible pour le moment. Je savais pertinemment que nous ne pourrions pas la reprendre, même si j'espérais quand même que ma mère propose cette solution. La décision finale fut annoncée: Luna allait être donnée à un ami de sa propriétaire, à quelques heures de route de chez moi. Je pleurai encore plus: mes chances de la revoir étaient maintenant réduites à néant, car son propriétaire serait un inconnu habitant bien trop loin pour que je puisse lui rendre visite, s'il acceptait qu'une inconnue vienne voir sa jument, cela dit. Trop éreintée émotionnellement pour suivre le cours de cette affaire, j'ai laissé ma mère parler avec la propriétaire de Loulou et poser les questions à poser, répondre aux questions demandées.

Je sais que l'affaire fut conclue rapidement. Je sais que Luna a dû partir dans les plus brefs délais. Je sais que je ne la reverrai sûrement jamais, du moins pas dans un futur proche. Et ça me tue.





Je ne connaîtrai jamais d'amour pareil à celui que j'éprouve encore pour Luna. Je ne pourrai jamais oublier sa tête délicate, ses yeux aimants. Je n'oublierai jamais la gamme d'émotions que je ressentais quand je l'enlaçais, me perdant dans son pelage. Jamais.

J'ignore si écrire mes pensées m'a aidé, ce soir. Ce que je sais, c'est que je suis encore une fois en larmes, dans mon lit. Mais pour la première fois, j'ai confronté mes émotions. J'ai réfléchi au cours des évènements qui se sont produits dans les derniers mois. J'ai communiqué, à personne ou à tout le monde, car ce blogue est public, mes sentiments sur ce sujet. Je me sens mieux. Je pleure, mais je souffre moins. Peut-être me retrouverai-je encore en pleurs, bientôt, pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui, mais au moins j'aurai essayé d'évacuer ma peine. Je m'en souviendrai.

Je t'aime, Luna. Où que tu sois, tu es dans mon cœur, mon bébé.

jeudi 11 décembre 2014

Catastrophe ambulante

Je suis de retour!

Encore une fois, c'est pour raconter mes terriblement embarrassantes aventures. Suis-je un aimant à catastrophes? Probablement.

Cette fois encore, je me suis empêtrée en essayant de me frayer un chemin dans le monde adulte, monde dans lequel j'entrerai bientôt, prête, pas prête. Je souhaitais visiter un cégep avec un programme qui m'intéressait, évidemment, la littérature. Décidant d'être audacieuse (c'est une qualité sur laquelle je dois travailler, alors pourquoi pas ne pas essayer de sortir de ma zone de confort une fois de plus?), j'ai choisi de m'y rendre en train. Je n'avais absolument jamais essayé ce moyen de transport auparavant et je me rendais dans un quartier qui m'était complètement inconnu, mais après avoir effectué mes recherches, je croyais être bien préparée. Grave erreur. J'aurais dû m'assurer d'être certaine d'être bien préparée, car malgré l'excellent départ de ce périple, tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné.

Tout d'abord, je n'avais pas réalisé à quel point le train se déplaçait souvent à des hauteurs vertigineuses près de chez moi, surtout en tournant. Étant située près d'une fenêtre, j'avais la vue sur le sol, plusieurs mètres plus bas, dans les tournants serrés. Il est facile de comprendre pourquoi je ne suis pas fanatique des montagnes russes quand on observe mon visage en train, à des vitesses et hauteurs minimes, surtout comparées aux pentes horrifiantes des manèges. J'ignore si ma peau était verdâtre ou blanchâtre, mais elle était probablement très loin de sa couleur naturelle.

Ensuite, en abandonnant l'idée de regarder le paysage extérieur, mon voyage se déroula plutôt bien. J'étais impressionnée par le court temps d'arrêt à chaque gare, car pour une raison que j'ignore, j'étais convaincue que chaque arrêt serait long et pénible. Cependant, je n'avais pas réfléchi au fait que ce temps d'arrêt serait minuscule quand viendrait mon tour de descendre. Donc, en arrivant à la gare où je devais descendre, je me suis rendues aux portes, car il y en a plus d'une. Les explications d'un agent de sécurité, plus tôt dans la journée, concernant la porte par laquelle je devrais sortir se sont subitement évaporées et mon regard allait d'une porte à l'autre. Un agent a senti ma confusion et m'a indiqué la porte par où sortir, en ajoutant qu'il croyait qu'il était trop tard. Trop. Tard. Et effectivement, il était trop tard. La panique s'est emparée de moi, car je devais être au cégep une heure plus tard et je n'avais absolument aucune idée du chemin à emprunter pour me rendre si ce n'était pas de la gare précédente. Heureusement, j'avais affaire à de bons samaritains. Joint par un autre agent de sécurité, le premier monsieur m'a proposé de les suivre, son collègue et lui, jusqu'à la gare centrale, pour ensuite prendre le train suivant en direction inverse pour me rendre près du cégep.

Arrivée à la gare centrale, je me suis donc efforcée de suivre les deux agents de près de six pieds, du haut de mon cinq pieds trois pouces. Escortée des grands gaillards, j'ai donc emprunté un autre train et ceux-ci ont même descendu du train avec moi pour me pointer l'autobus à prendre pour me rendre saine et sauve. C'était très gentil, mais aussi extrêmement embarrassant, car j'avais très probablement l'air d'une petite fille perdue, confuse, mal organisée et paniquée.

Malheureusement, je ne voulais pas repousser les limites de ma zone de confort encore plus loin, alors je suis descendue beaucoup trop tôt de l'autobus dans lequel j'avais mis les pieds. Demander au chauffeur où descendre aurait été bien trop difficile, du moins selon moi à ce moment, et de toute façon, je connaissais si peu le quartier que ç'aurait été inutile. J'ai donc dû marcher pendant près de quatre kilomètres, alors que j'aurais pu parcourir trois d'entre eux au chaud, assise confortablement dans un banc de transport public. Pour ne pas arriver en retard, j'ai couru, à travers les rues du centre-ville, dans la direction qui me semblait être la plus logique. Avec la glace et la neige accumulées sur les trottoirs, j'ai glissé plus de fois qu'il n'en faut pour me faire rougir, toujours devant bon nombre de piétons et d'automobilistes.

Arrivée en sueur au cégep avec trente bonnes minutes de retard, j'ai rejoint le responsable du programme en m'excusant profusément. Il a essuyé mes excuses rapidement, n'arrivant cependant pas à essuyer mon remords et ma honte. J'ai visité le cégep, puis j'ai assisté à un cours de poésie. En tant que simple élève du secondaire, j'ignorais qu'une chose telle qu'un bureau lié à une chaise existait, alors en essayant de m'asseoir, évidemment du côté où une barre attachait le siège au pupitre, je me suis tout simplement emmêlé les jambes dans tout ce tralala qui m'était étranger, créant une cacophonie facilement perceptible dans le local contenant moins d'une quinzaine d'étudiants. Entrée remarquée: réussie!

J'ai survécu au cours, n'ayant qu'à écouter l'enseignante et les élèves parler, et après avoir marché les quelques kilomètres me séparant de la gare, j'ai enfin pu acheter mon billet pour le train suivant, environ quarante minutes plus tard. Encore une fois, grave erreur. Avec mon talent légendaire, il était stupide et irréfléchi de penser que je pouvais conserver un billet de train pendant quarante minutes de lèche-vitrines. C'est pourquoi, en retournant vers la gare à l'heure prévue, la panique m'a gagnée pour la seconde fois cette journée-là. Frénétiquement, j'ai vidé mes poches, mes sacs, mon manteau, mes gants, partout où j'aurais pu mettre le précieux bout de papier. Après trois fouilles intégrales, j'ai conclu que j'avais dû le perdre en chemin, d'une façon ou d'une autre. Comme j'avais encore mon billet du matin et personne n'avait vérifié si j'avais un billet dans les premiers trains dans lesquels j'avais voyagé, je considérais la possibilité de tenir mon billet invalide depuis quelques heures et de simplement agir comme s'il était mon second billet. Évidemment, cette perspective me terrifiait beaucoup trop, car je redoutais d'être remarquée ou de subir une vérification de billet, alors à quelques minutes de l'heure de départ, j'ai couru, en glissant encore une fois sur les traces laissées par la saison hivernale, jusqu'au bas du quai d'embarquement pour acheter un autre billet à la machine électronique prévue à cet effet. Telle une sprinteuse, je suis remontée sur le quai juste à temps pour attraper le train, avec mon billet valide en main.

Enfin, arrivée à ma gare et descendue pile à temps, j'ai attendu l'arrivée de ma mère. Et attendu. Et attendu. Il n'y avait personne dans l'immeuble nouvellement construit et j'étais agenouillée près d'une baie vitrée, cramponnée à mon cellulaire. Après un certain moment, des policiers sont entrés et ont commencé à fouiller la gare de fond en comble, marmonnant des indications qui m'ont fait supposer qu'ils cherchaient quelqu'un. Un policier s'est ensuite avancé dans ma direction pour me demander si je connaissais une fille du nom de Jade. Confuse, je ne savais pas trop quoi répondre, car je connais effectivement plus d'une Jade, mais je ne pensais pas vraiment que c'était sa réelle question. Je lui ai donc répondu négativement, mais ma réponse incertaine l'a probablement amené à penser que je mentais. Il m'a donc demandé mon nom, pour vérifier si je n'étais pas la fille recherchée, j'imagine. Ma réponse l'a satisfait, alors les policiers se sont éloignés et ont quitté pour de bon après de longues minutes durant lesquelles je m'efforçais de paraître le moins coupable possible, même si j'étais pas coupable, en fin de compte.

Je suis revenue saine et sauve chez moi dans la soirée, récupérée par mon père. En racontant ma journée, j'ai revécu les événements embarrassants, essayant d'en rire avec difficulté, ma gêne étant encore trop fraîche dans ma mémoire.

En conclusion, dites-vous que si vous agissez maladroitement et paraissez idiot, je fais la même chose, et possiblement pire encore.