dimanche 30 novembre 2014

Interruption

Par manque de temps, par paresse et par oubli, j'ai négligé ce blog au cours des derniers mois. Ce n'était pas intentionnel, mais étant aussi occupée et préoccupée, je préférais accorder mon temps libre à des activités relaxantes, peu productives et, il faut l'avouer, inutiles, du moins en général. J'ai décidé d'essayer de le reprendre, car il me démangeait de publier ne serait-ce qu'un phrase ici depuis quelque temps.

Les deux textes précédemment publiés ont été écrits pour mon cours de français, mais je les appréciais particulièrement, alors j'ai décidé de les publier ici, en prenant plus de libertés, car je n'étais heureusement pas contrainte par un nombre (trop petit) de mots. C'est le dilemme de ma vie! Comment pourrais-je coucher mes pensées sur papier adéquatement si je dois sans cesse les synthétiser? Ce n'est pas de ma faute si mes idées défilent à une telle vitesse!

Bon, en revenant à mes moutons, je dois admettre que j'avais complètement oublié à quel point j'aimais écrire ici, au lieu de simplement formuler mes pensées dans ma tête, où personne ne risque de les entendre. J'espère avoir davantage de temps dans les semaines à venir pour publier plus fréquemment et enfin pouvoir m'exprimer comme bon me semble!

Euphorie

C'est le dernier tournant. Après un enchaînement particulièrement complexe d'obstacles et de virages serrés, j'entrevois finalement la fin du parcours. C'est un oxer haut d'un mètre cinquante, mais il est presque aussi large que haut. Dès qu'il apparaît, je réalise que le franchir sans pépin sera toute une tâche. Mon cheval, valeureux servant, allonge tout de même sa foulée pour se rapprocher, pas à pas, des barres. L'adrénaline me prend par sursaut et me pousse à positionner mon corps en accord avec celui de mon destrier. Celui-ci s'élance, un peu trop tôt mais gracieusement, au-dessus de l'épreuve finale. Je m'incline, j'avance mes mains et je sens l'euphorie m'envahir. Nous franchissons l'obstacle dans un parfait synchronisme, le vent fouettant mes cheveux. L'impression d'être en plein vol m'est familière, mais je l'accueille encore une fois avec plaisir. Doucement, l'atterissage se fait sans anicroche et c'est en souriant à pleine bouche que je sens les sabots de ma monture fouler le sol à nouveau, à la fois délicatement et lourdement.

Petit cheval truité

Devant moi se dresse la plus majestueuse des créatures. Elle ressemble à la manifestation physique de la perfection, un mélange exquis de grâce et de puissance, de générosité et d'intelligence. Bien campé sur quatre pattes élancées, son corps musclé et tout en courbe tressaille au moindre mouvement. Sa surface entière se constelle de mouchetures de couleur chocolat, comme une toile suite à l'inspiration soudaine de son peintre. Sur une tête fine et élégante, indéniablement la grande réussite de l'artiste, se trouvent deux yeux débordants de douceur et d'innocence. Le bruit de ses sabots brillants martelant le sol à chaque pas résonne comme une musique rassurante aux oreilles de ceux qui savent l'écouter, alors qu'une simple brise peut soulever son rideau de crins argentés, pour ensuite le laisser retomber délicatement sur son encolure recourbée. Alors que ses naseaux toujours palpitants se nichent entre mes mains pour y relâcher un courant d'air chaud, mon cœur s'attendrit et je ressens encore une fois tout l'amour que j'éprouve pour ce petit cheval truité.


Texte écrit en hommage à ma jument bien-aimée Luna. Je t'adore plus que tout au monde, ma Loulou. xxx